jeudi 10 janvier 2013

Le "con"ditionnement de Pavlov


Connaissez-vous le « con »ditionnement de Pavlov ?

Pour résumer, Pavlov était un scientifique russe de la fin du XIXème siècle qui réalisa des expériences de conditionnement. Ses expériences consistaient entre autres à démontrer que si un chien (ou n’importe quel animal) est nourri au son d’une certaine sonnerie pendant un certain nombre de jours, il suffira par la suite qu’il entende la sonnerie pour se mettre à saliver comme s’il était déjà devant sa pâtée. Quel est le rapport avec les petits monstres me direz-vous ?!

Je vous le donne dans le mille....LA SONNERIE DE FIN DE COURS !

Mais quels sont les effets de la sonnerie de fin de cours sur les élèves ?

Les sonneries de fin de cours, tout comme la petite clochette utilisée par Pavlov sur son chien, sont des stimuli environnementaux puissants qui entraînent des réactions automatiques chez l’élève : celui-ci range ses affaires (sans noter les devoirs), met son manteau et se lève prêt à quitter la salle de cours laissant ainsi un enseignant désappointé qui n’a même pas eu le temps de noter le travail au tableau.

 

Comment dé « con »ditionner les élèves ?

Le « con »ditionnement pavlovien chez l’élève est un « con »ditionnement de longue date (voilà pourquoi, en classe de 4ème la poussée d’hormones ne fait qu’accentuer le degré de « con »ditionnement). Tout dé « con »ditionnement sera donc un travail de longue haleine. Mais voici deux solutions que j’ai testées pour vous :

 

La première technique dite celle du « Conditionnement du Prof » :

C’était l’an dernier, la veille des vacances de Toussaint. La sonnerie (d’autant plus celle du quarté perdant pour le prof : fin de cours + fin de journée + fin de semaine + début des vacances – et tout ça en une seule sonnerie !!!!) retentit et là le début du chaos : « WOAOUHHHHH, c’est les vacances !!!!! ON EST EN VACANCES !!!!! » suivi d’une émeute vers la porte de sortie dans un brouhaha de chaises et de tables. Puis, plus rien. Le silence… et un prof désemparé tout seul dans sa classe.

« Ah oui, bande de petits monstres. Vous m’avez eu cette fois-ci. J’ai perdu une bataille mais pas la guerre. Vous verrez ce qui vous attendra avant les vacances de Noël », pensais-je.

La veille des vacances de Noël arriva avec la même classe, le prof Lambda décida d’enfiler son costume de super-héros pour laisser place à Profezorro. Profezorro noircit (ou blanchit car c’était avec une craie) son tableau avec des phrases à recopier dans le cahier. Il y en avait bien pour plus de 20 mn de recopiage (au bas mot !). Mais Profezorro était rusé, il laissa un petit coin du tableau vierge de toute leçon où il nota tous les devoirs à faire pour la rentrée. Pendant que ses élèves grattaient la leçon, ce dernier commença à ranger ses affaires, puis posa son cartable sur son bureau avant d’attendre avec avidité les dernières secondes qui le séparaient du dit stimulus pavlovien : la sonnerie.

Profezorro commença donc à décompter les dernières secondes sous les yeux hagards de ses élèves : « 5…..4…..3…..2……1…..» « Drrrrrrrrriiiiiiiiinnnnnnnnnnnnnnnnnnnggggggg ».

Puis, Profezorro se précipita en courant vers la porte de la classe en gueulant comme un putois « OUAAAIIIISS, JE SUIS EN VACANCES !!!! JE SUIS EN VACANCES !!!! TRALALALEREUH !!!! », l’ouvrit d’un geste brusque et la claqua violemment tout en prenant le soin d’y laisser ses élèves à l’intérieur. Encore une victoire pour Profezorro !!!

 

La deuxième technique dite celle du « Trouble Obsessionnel Compulsif » me vient de ma collègue de français de l’an dernier. C’est mon mentor en ce qui concerne les coups vaches à faire aux élèves dans l’unique but de les éduquer (bien entendu notre mission principale).

La sonnerie de la récréation retentit, tous les élèves se lèvent avec leurs sacs à dos prêts à se jeter sur la porte de sortie. Nous les invitons à se rasseoir, à enlever leurs manteaux et à sortir les cahiers et les trousses. Le cahier doit être ouvert à l’avant-dernière page (« Mais Monsieur pourquoi l’avant-dernière ? » « A ma guise, à ma guise !!!! »), et tous les stylos de la trousse doivent être sortis et posés parallèlement au cahier (« j’ai bien dit tous !!! Videz vos trousses !!! »). Le professeur passe ensuite dans les rangs et en profite pour sermonner quelques élèves dont les stylos ne sont pas assez parallèles. Le professeur peut également introduire un ordre de taille et/ou de couleur des stylos s’il le souhaite. Le but final étant de faire perdre plus de 5 mn de récréation (ou plus si pas affinité) aux élèves. Une fois que le professeur estime qu’ils ont assez perdu de récréation, il les remercie bien chaleureusement (« Je vous remercie ! Vous pouvez ranger vos affaires. »). Au vu de tout le bazar étalé sur chaque table, chaque élève doit prendre à nouveau 2 mn pour ranger. La leçon rappelée par le superprof à la fin du cours et apprise par les élèves est la suivante : « Dorénavant, lorsque la sonnerie retentira, vous attendrez, bien sagement à votre place et sans bouger, que le professeur vous donne les devoirs et vous donne l’autorisation de partir ». Encore une victoire de Profezorro !!!   
 
Un des chiens de Pavlov au Pavlov Museum
(Quelle horreur !!! Pavlov a empaillé son chien ! Je ne ferai jamais ça à mes élèves !)
 

1 commentaire:

docabord a dit…

Ah trop fort!! J'adopte la première méthode sans hésiter aux prochaines vacances!!! Merci pour l'idée (et pour le blog aussi!!!). Une ancienne collègue stagiaire de Créteil!

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